DOCTEUR NE ME DITES PAS TOUT

Voici déjà plus d’un an sortait un ouvrage intitulé  «  Docteur ne me dites pas tout ».

Des observations issues de la réalité du terrain étaient apportées, montrant que le malade subit une double peine lors de l’annonce d’une maladie grave : au poids de la maladie elle-même s’ajoute le traumatisme psychique provoqué par la crudité et la brutalité de la « vérité médicale »telle qu’elle est désormais conçue et appliquée.

Le désarroi du médecin obligé par la loi à l’information éclairée et étouffé par les contraintes administratives, est souvent flagrant. Il est alors entraîné vers un désengagement affectif afin de survivre aux « breaking bad news » dont il est le messager quotidien.

L’ouvrage proposait de réfléchir aux questions éthiques posées par un tel système.

Soigner le malade et pas seulement traiter la maladie.

Rendre au médecin  sa fonction d’interprète et réhabiliter la possibilité de garder son « for intérieur ».

Retrouver l’alliance thérapeutique avec le malade.

Ces propositions de réflexion peuvent devenir brutalement obsolètes si sont effectivement mis en place certains projets fleurissant sur la toile.

Assisterions-nous à la mort de la clinique, de la relation médecin/malade, de l’humain dans la médecine, mort de la médecine dans son essence ?

La voix juridique se fera entendre sur ces projets graves.

Anne-Marie MERLE-BERAL : Médecin psychiatre et psychanalyste

Maïalen CONTIS : Avocat à la cour, Docteur en Droit